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Troisième rapport du Secrétaire général sur le Bureau intégré des Nations Unies au Burundi (S/2008/330)
Le présent rapport couvre les principaux événements survenus au Burundi entre le 23 novembre 2007 et le 7 mai 2008. Dans l’ensemble, la situation s’est gravement détériorée sur les plans politiques, sécuritaire et humanitaire au Burundi au cours de la période considérée, y indique le Secrétaire général. Les hostilités ont repris à grande échelle entre les Forces de sécurité nationales et le Palipehutu-Forces nationales de libération (FNL), tandis qu’un regain de tensions entre les partis politiques a déclenché une nouvelle crise politique, qui a paralysé les activités du Parlement et du Gouvernement de large coalition formé en novembre 2007. Comme autres sources de préoccupation relevées au cours de la période considérée, le rapport signale les déplacements de populations provoqués par les hostilités, la poursuite des violations généralisées des droits de l’homme perpétrées par les Forces de sécurité nationales, l’absence de progrès en matière de justice transitionnelle et la menace de l’insécurité alimentaire.
Si l’application des dispositions de l’accord général de cessez-le-feu ne reprend pas, ce nouveau cycle de violence risque d’annihiler tous les acquis que le peuple burundais a obtenus à grand-peine depuis la signature de l’Accord d’Arusha, il y a huit ans. Les parties prenantes, tant à l’échelle nationale qu’internationale, craignent également, à juste titre, que la reprise des combats fasse tache d’huile et affecte les pays voisins, les actions transfrontalières des groupes armés ayant des incidences sur toute la région des Grands Lacs, rappelle le rapport.
Le Gouvernement burundais et les dirigeants du FNL partagent la responsabilité première de mettre définitivement un terme à plus d’une décennie de conflits violents, tout comme de tirer parti des chances qui s’offrent. Le Secrétaire général lance donc un appel aux deux parties afin qu’elles cessent immédiatement les hostilités et entament des pourparlers, premier pas vers la reprise du processus de paix. Comme il s’est engagé à le faire devant les dirigeants de l’Initiative régionale, le 6 mai dernier, le FNL doit non seulement se replier sur le Burundi, comme il l’a annoncé, mais encore effectivement participer aux travaux du mécanisme conjoint de vérification et de surveillance et de la Direction politique sans conditions préalables. Le Gouvernement est pour sa part instamment invité par le Secrétaire général à accorder à l’application de l’accord général de cessez-le-feu la priorité qu’elle mérite et à tout mettre en œuvre pour régler, de façon acceptable pour les deux parties, les questions qui entravent sa mise en pratique. Les deux parties doivent respecter rigoureusement les dispositions du Programme d’action qu’elles ont toutes deux approuvé. |