Transcrit de la Conférence de presse de l’Ambassadeur Peter Maurer, Président de la configuration Burundi au sein de la Commission des Nations Unies pour la consolidation de la paix, 28-02-2010  | I. Mot liminaire de l’Ambassadeur Peter Maurer Merci beaucoup, Mesdames et Messieurs. Tout d’abord, avant de commencer je voudrais remercier le BINUB pour avoir accueilli cette délégation importante de la Commission de consolidation de la paix ici au Burundi, nous avons eu la possibilité de rencontrer le plus de gens possible en peu de temps. Nous sommes extrêmement reconnaissants du professionnalisme du BINUB et de toute l’énergie qu’ils ont mise pour nous faire un très bon programme. |
Mesdames, Messieurs, nous sommes arrivés ici avec une importante délégation avec mes collègues de New York, du Kenya, de Thaïlande, des Pays-Bas, de la République Tchèque, du Chili, et bien sûr à ma gauche, l’Ambassadeur du Burundi aux Nations Unies à New York, qui nous a accompagnés pendant tout notre séjour. Les objectifs de notre visite étaient quatre ordres.
Comme vous savez par le passé déjà, la Commission de consolidation de la paix s’est focalisée sur les questions d’élections et de stratégies de réintégration socio-économique. Notre premier but est donc de faire le point sur l’état d’avancement des préparatifs des élections. Deuxièmement, nous allons faire le point sur la stratégie de réintégration socio-économique. Nous avons participé au Forum politique, et donc à toute la discussion sur le quatrième rapport intermédiaire du Cadre, stratégique de consolidation de la paix au Burundi. Nous avons saisi l’occasion de cette visite aussi pour explorer, avec nos interlocuteurs, les possibilités d’engagement de la Commission de consolidation de la paix après les élections. Permettez-moi de faire à ce sujet un commentaire. Nous sommes ici en délégation avec une philosophie qui ne comprend pas la consolidation de la paix comme un événement unique ou un événement de courte durée. Nous sommes tous des personnes qui comprenons que la consolidation de la paix est un effort de longue haleine. Et nous sommes prêts, en tant que communauté internationale, à continuer d’accompagner le Burundi sur ce chemin, non seulement jusqu’au moment des élections, pendant les élections mais aussi après les élections. Cette semaine déjà, nous venons d’explorer certaines possibilités des sujets et thématiques qui pourraient être importants. Très brièvement, et parce que Mesdames et Messieurs, vous connaissez la réalité du Burundi beaucoup mieux que nous-mêmes, nous allons aborder deux ou trois sujets principaux de nos entretiens. Nous avons bien sûr discuté de l’état d’avancement des élections. Nous sommes tous conscients qu’il y a une dimension technique. Nous avons pu constater que les préparatifs avancent bien ; la législation a été faite d’une manière extrêmement professionnelle. Le pays et les acteurs politiques ont une confiance en la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) ; nous l’avons aussi constaté au niveau provincial et communal lors de la visite que nous avons effectuée à Bubanza hier. Donc, nous étions tout à fait convaincus de l’état d’avancement des préparatifs. Nous avons pu visiter, par exemple, le centre de traitement de données ce matin qui nous a permis une vue très concrète de la manière dont les listes des électeurs sont digitalisées et mises à jour et composées depuis le processus d’enregistrement. Politiquement, nous avons aussi discuté des conditions conductrices à des élections équitables et libres. Il est clair aussi que selon les perspectives politiques, les différents interlocuteurs nous ont fait part de leurs soucis, de leurs craintes, de leurs perceptions, de ce qui pourrait mettre en danger le processus électoral. On a parlé du problème de la sécurisation des élections, des espaces politiques libres, l’accès aux médias, l’observation des élections au niveau national ainsi que la contribution de la communauté internationale à l’exercice général des élections dans ce pays. Comme je vous l’ai dit, c’était une occasion d’approfondir nos connaissances sur les questions socio-économiques, en particulier la réintégration des groupes vulnérables. Vous savez que le gouvernement du Burundi a approuvé le 18 février la stratégie de réintégration sociale. Nous avons eu l’occasion, avec la ministre de la Solidarité nationale, d’approfondir nos connaissances à ce sujet, et de lui montrer notre soutien dans la mise en œuvre de cette stratégie. Il est clair aussi, et nous l’avons bien compris hier lors de notre visite, nous savons tous très bien qu’à la fin, un des grands problèmes auxquels toute stratégie de réintégration se heurte sont les questions foncières. Ce sont des questions qui ne posent pas seulement au Burundi. Ce sont des questions qu’on retrouve dans beaucoup de pays et qui normalement sont, en principe, sont des défis particuliers. Permettez-moi peut-être de revenir sur deux ou trois autres sujets d’importance sur lesquels nous avons eus des entretiens. Pour la première fois, on a eu l’occasion d’approfondir un peu toute la thématique de l’intégration régionale, la contribution de l’intégration régionale au développement du pays et cela bien sûr toujours dans la perspective de combien il est important que le développement du pays, le développement du pays dans sa région puisse contribuer à la consolidation de la paix. Dans certains de nos entretiens, nous avons touché aussi aux questions de justice transitionnelle et de droits de l’homme. Nous avons parlé de la Commission indépendante des droits de l’Homme. Quand on a visité le parlement, on s’est informé sur l’état d’avancement du projet de loi sur la Commission Indépendante des droits de l’Homme. Avant de vous donner l’occasion de nous poser des questions, je vais vous dire les messages principaux que nous avons tenus à faire part à nos collègues Burundais. Premièrement, nous avons beaucoup insisté à ce que la Commission de la consolidation de la paix comprenne que son engagement ici comme un engagement de partenariat et entre partenaires égaux. Nous sommes tout à fait conscients que dans le partenariat, il faut toujours le dialogue et un dialogue franc. Je pense qu’on a eu pendant notre séjour avec les interlocuteurs Burundais ce dialogue très franc qui nous a permis aussi de nous faire part mutuellement des sensibilités politiques, que nous avons, nous, internationaux d’un côté et domestiques au Burundi. Deuxièmement, bien sûr, nous sommes ici aussi dans une perspective des Nations Unies, et nous avons pris l’occasion de soutenir dans tous nos entretiens, le travail important que fait le BINUB et de montrer combien la Commission de consolidation de la paix était intéressée à ce que le BINUB puisse bien fonctionner et soutenir aussi les efforts des projets concrets et des programmes très concrets qui en partie sont gérés de la logique de consolidation de la paix du Fonds des Nations Unies pour la consolidation de la paix. Donc, nous avons fait part de notre grande appréciation du travail du BINUB au gouvernement du Burundi. Nous avons exploré, comme je vous ai dit, un peu les pistes d’avenir et nous avons eu une réunion très intéressante avec le secteur privé. Nous étions tous d’accord Burundais, internationaux et les visiteurs ici que le secteur privé est un secteur crucial dans le développement du pays, et donc aussi dans la consolidation de la paix. Donc dans l’avenir, il fallait trouver des appuis, des instruments plus concrets pour permettre davantage d’investissements, de financement du secteur privé dans le pays. Nous avons dans ce contexte discuté hier soir aussi des questions de micro- finances, nous avons discuté des questions de pénurie d’infrastructures et de créer les conditions cadres pour que le développement socioéconomique puisse s’en mieux enclencher surtout aussi en vue de l’après- élections. Permettez-moi aussi peut-être de faire une appréciation politique qui a surpris comme nous avons constaté en tant que délégation. C’est qu’il y a quand même dans le climat pré-électoral au Burundi, un fort clivage entre la rhétorique des politiques au Burundi et la réalité de coopération. Nous constatons une rhétorique des partis qui pousse souvent à la confrontation. Mais d’autre part, nous voyons aussi que ce pays a une Constitution qui force au power-sharing, qui force la coopération et nous constatons aussi beaucoup de domaines de coopération. Il va sans dire que le message principal qui est venu de la Commission de consolidation de la paix est qu’il était important de ne pas déborder les rhétoriques, de se concentrer sur la coopération, sur les vrais problèmes de coopérer ensemble dans l’intérêt du pays. J’aimerais partager aussi avec vous une autre impression de la délégation. Il est toujours difficile de porter des jugements et des impressions quand on vient pour un séjour aussi court. Je dois vous dire que nous avons été extrêmement impressionnés, en sortant du Bujumbura, en regardant un peu plus concrètement un site de déplacés, mais aussi à Bubanza le travail de la CECI et de la CEPI, nous étions très impressionnés du sérieux du travail fait par les Burundais dans les préparatifs de ces élections. C’était vraiment touchant et impressionnant de voir avec quel sérieux les Burundais prenaient cette occasion d’expression démocratique, combien ils étaient pointilleux dans l’exécution de leurs tâches. Je dois vous dire que toute ma délégation va rapporter une excellente impression de l’atmosphère du peuple burundais à affronter ces élections d’une manière sérieuse. Donc, je voulais vous faire part aussi de toute l’appréciation que nous avons eue pour ce que nous avons vu. Cela m’amène à ma dernière conclusion qu’avec toute ce que nous avons vu et entendu cette semaine, il va sans dire que nous rentrerons à New York plus motivés et plus engagés à continuer à accompagner le Burundi, de le soutenir. Permettez- moi de clarifier quant même ce que j’entends par soutien parce que des fois le soutien est perçu comme un soutien financier exclusivement. Nous pensons qu’il y a autre chose qu’un soutien financier alors que nous ne voulons pas négliger le soutien financer. Le Burundi a besoin d’un soutien financier, nous allons nous engager à ce que les trous qui sont encore là, point de vue élections et autre sujet, que nous pouvons mobiliser la communauté internationale pour mieux financer les projets et les programmes pour soutenir le processus électoral au Burundi. Mais je pense qu’il est aussi important de reconnaître que la Commission de consolidation de la paix, c’est aussi une possibilité pour le Burundi de se faire connaître, de faire connaître son système politique, de faire connaître ses forces et de faire connaître le pays dans le monde. Je pense qu’on est aussi là en tant que Configuration et pays engagés dans le processus au Burundi pour vous aider dans la compétition, comme beaucoup de pays qui ont des élections, qui cherchent des fonds, qui ont des besoins de développement afin d’être sur la carte, sur l’horizon de la communauté internationale. Avec cela, je pense, j’aimerais terminer ici mais encore une fois moi-même, mon cher collègue burundais ainsi que mes chers collègues newyorkais sont disposés à vous répondre aux questions. II. Partie questions-réponses [Q Esdras Ndikumana, RFI/AFP]- La Commission de consolidation de la paix pourrait premièrement nous expliquer les raisons pour lesquelles le gouvernement voulait le remplacement de Youssef Mahmoud. Nous en sommes au 3ème représentant qui part. Est- ce que cela ne vous dérange pas ? -Le gouvernement burundais a estimé que le Burundi devait dépasser l’étape de consolidation de la paix et qu’aujourd’hui il s’oriente vers le développement. Est-ce que cela n’est pas un peu contradictoire ? [Ambassadeur Maurer] : Tout d’abord, j’aimerais relever que la Communauté internationale ne connaît pas une définition claire et unique sur ce que représente la consolidation de la paix. Et même si je posais la question à la délégation, je crains que nous nous en sortions avec différentes conceptions de consolidation de la paix et que nous aurons peut-être différentes appréciations sur l’un ou l’autre pays si ce pays est dans une certaine phase ou a déjà dépassé une certaine phase de consolidation de la paix. Ce que je peux vous dire, c’est que lors des entretiens qu’on a eus avec le président de la République, avec le Premier vice-président de la République, avec beaucoup de ministres du gouvernement burundais, on a senti l’intérêt que la Commission de consolidation de la paix continue son engagement. Et donc, je pars de l’idée qu’on peut philosopher sur le concept de consolidation de la paix et sur les phases, et sur ces questions. Mais en fin de compte, nous avons senti un intérêt de continuer d’explorer ces pistes. Vous avez mentionné les 3 représentants du Secrétaire général passés, j’ai déjà eu a New York, quand on avait une réunion de la Commission de consolidation de la paix en janvier, moi-même en bilatéral avec mes collègues burundais, nous avons bien sûr appris que notre conception de partenariat a eu des problèmes, on a discuté ensemble qu’il fallait décider ensemble des décisions à prendre. [Q Léon Masengo de la radio Bonesha] : J’ai une question sur la justice transitionnelle. Vous en avez parlé au cours de votre séjour, mais nous savons que depuis qu’ on a parlé de ce concept, il y a eu des divergences entre les Nations Unies et le gouvernement burundais, est-ce que ce séjour vous a permis de rapprocher les positions ? Est-ce que vous avez obtenus du Gouvernement les assurances de la détermination et la volonté de mettre en place le tribunal spécial pour le Burundi ? [Ambassadeur Peter Maurer] : Mon impression et mon appréciation est que les divergences de vues ne sont pas des divergences conceptuelles. Ce sont des divergences en temps et séquences de certains, pas de justice transitionnelle. Et notre impression des entretiens dans lesquelles on a touché des sujets de justice transitionnelle était que vu l’urgence et la focalisation du pays sur les élections, on aura des progrès dans le domaine de justice transitionnelle plutôt dans l’après-élection que dans le pré-élection. Nous savons tous que c’est un des sujets les plus délicats dans tout les pays qui connaissent des processus de consolidation de la paix. Et il n’y a pas une mesure pour toutes. Il y a différentes formes et formats de justice transitionnelle, Dans quelques pays, on a choisi des voies judiciaires, dans d’autres, on a choisi des commissions de réconciliation et en troisième lieu, on a choisi d’autres types de commissions pour travailler sur le passé et les divergences du passé. C’est un des sujets typiquement où j’ai l’impression que le processus politique au Burundi lui-même doit trouver des solutions. Ce processus de la justice transitionnelle n’est pas une négociation entre la Commission de consolidation de la paix et le gouvernement du Burundi, c’est une négociation entre Burundais, et nous espérons bien que ces négociations puissent avancer vite, et que la Communauté internationale puisse soutenir un processus crédible de justice transitionnelle. [Q Richard Nzokizwanimana de la radio Isanganiro] Vous dites que vous avez été impressionné par le travail dans les préparatifs des élections. A côté, il y a des partis politiques de l’opposition qui sont inquiets qui relèvent toujours des irrégularités en cette période préélectorale et se demandent ce qu’en sera pendant les élections. Est-ce que vous vous êtes entretenus avec les partis politiques et après vous avec trouvez leurs inquiétudes non fondées ? [Ambassadeur Peter Maurer] : Nous avons rencontré tous les partis représentés au Parlement. Nous avons rencontré le leadership du FNL ; on a rencontré les commissions électorales, la CENI au niveau national et les autres. On a rencontré les ministres de l’Intérieur et de la Sécurité publique qui s’occupent en premier lieu des questions des élections, et nous avons bien pris note que certains partis avaient des soucis sérieux, et je l’ai mentionné dans mon introduction, au point de vue sécurisation, accès aux médias et accès équitable à l’espace publique. Et nous prenons certainement très sérieux ce que nos interlocuteurs de part et d’autres disent. Si vous me permettez, un des grands problèmes pour un étranger, je ne veux pas juger ici la situation au Burundi, c’est aussi de connaître la dimension d’irrégularité parce que je ne sais pas s’il y a un pays au monde qui connaît des élections qui sont complètement régulières. Il y a des irrégularités partout. Tout le monde, nous avons été tous surpris il y a quelques années de constater qu’il y avait des problèmes aux Etats-Unis, en Floride. On a tout le temps des problèmes de contestation de l’espace politique. En Suisse, on vote tout le temps, on élie des gens tout le temps, et puis on a des contestations à tout moment. Je pense, un sujet important que vous relevez un peu sous-jacent à votre question et dont nous avons bien pris note, c’est que peut-être les mécanismes de décision sur les questions qui sont contestées n’étaient pas encore très clairs. C’est peut-être un sujet sur lequel il faudra encore se pencher un peu parce qu’ il est vrai, on est pas tout à fait sûr à tout moment quelles instances auraient le droit et la légitimité de juger si une restriction illicite de l’ espace politique, donnant accès aux medias le droit à faire part ou à exprimer des vues politiques, aurait lieu ou pas. Les uns disent que c’est le rôle de la CENI, les autres disent que c’est le processus judiciaire et les troisièmes disent qu’il faut peut-être créer quelque chose d’autre pour juger les différends qu’on puisse avoir. On constate que c’est un sujet mais en même temps on constate aussi que la CENI nous semble avoir une excellente réputation dans tout le pays pour son caractère indépendant et je pense, nous internationaux, nous sommes très confiants qu’avec l’indépendance dont fait preuve la CENI, les conditions sont excellentes pour avoir les élections ici au Burundi. [Q Esdras Ndikumana, RFI/AFP]. La question des mouvements de jeunes appartenant à des partis politiques, les restrictions aux libertés politiques, vous avez parlé de cela, vous avez parlé du problème de la corruption, quelle est votre appréciation après analyse de ce qui se dit ? Partez-vous confiant ou préoccupé ? [Ambassadeur Peter Maurer] : Si je peux commencer peut -être encore une fois avec une remarque générale, n’est-ce-pas. Le Burundi , par la Constitution, a un système qui force les forces politiques aux compromis parce que le score de 100% de participation au gouvernement est un système qu’on ne connaît pas dans beaucoup d’autres pays du monde, surtout ce n’est pas la culture prépondérante dans les systèmes occidentaux même si je ferai une parenthèse pour la Suisse, qui dans ce sens est presque un pays comme le Burundi. Mais je veux dire qu’il y a des forces qui militent ou qui œuvrent en faveur d’une répartition de pouvoir et d’une recherche de compromis. D’autre part, il est clair comme dans toute [compétition] électorale, il y a toujours la tentation d’imposer la majoré aux autres. Je pense que les tendances sont là. On ne peut pas les nier. Mais cela dit, vous m’avez posé la question si je pars confiant ou non confiant. Je dois dire que si nous prenons en perspective ce que nous voyons dans d’autres pays en transition, nous pensons que le Burundi est bien préparé pour les élections. Cela ne veut pas dire qu’il n’y aura pas de problème. Nous disons, nous sommes très satisfaits des préparatifs, et nous sommes confiants aujourd’hui que ces élections vont bien se dérouler. [Q Gorgon Sabushimike de radio Rema -FM].Concernant la sécurisation des élections, vous avez eu le temps de vous rendre à l’intérieur du pays. A voir le récent rapport de International Crisis Group, croyez-vous qu’une force étrangère est nécessaire au Burundi pour sécuriser les élections ? [Ambassadeur Peter Maurer] : Ce que je peux vous dire, c’est que l’idée d’une force internationale de police n’est pas une idée qui a été soulevée à aucun moment dans le contexte de la Commission de consolidation de la paix. Ce n’est pas une proposition qui a été faite ni par le gouvernement du Burundi ni par d’autres interlocuteurs qu’on a rencontrés. Ce n’est pas, disons, une proposition qui nous aurait été soumise d’une manière prioritaire. Je dois vous dire tout simplement, vous répondre avec un aspect technique et d’une expérience technique - je doute, vu le temps, qu’une force internationale puisse même être mise sur pied pour avoir un effet au Burundi. Même si on décidait, n’est- ce pas, ce serait techniquement, je pense que ce serait pratiquement impossible de mobiliser en très peu de temps une force de police internationale. Moi, je pense, j’aimerais quand même plutôt relever l’importance d’une observation des élections à long terme, une observation des élections par la société civile burundaise elle-même, par les Burundais eux- mêmes, mais aussi une observation par les internationaux. Nous en avons bien pris note dans nos entretiens avec l’Union européenne, avec l’Union africaine et d’autres partenaires régionaux que les préparatifs étaient en cours, et qu’il y avait de l’espoir que les observateurs internationaux viendraient au Burundi en une bonne période avant le premier tour des élections. |